Vidéos et traductions : interview chez Oprah, partie 1 et 2
1er JOUR
Avec plus de 140 millions d’albums vendus, Whitney Houston est la femme la plus récompensée dans l’histoire de la musique. Elle a crevé l’écran dans The Bodyguard qui a rapporté plus de 400 millions de dollars. La bande originale du film est toujours la plus vendue de tous les temps. Mais derrière ce succès, Whitney a caché une intense douleur personnelle lors de ses 14 années de mariage tumultueuses avec Bobby Brown ainsi qu’un combat contre la drogue.
Whitney s’est éloignée des projecteurs après une interview controversée en 2002 avec Diane Sawyer.
En 2003, elle a encore plus suscité l’attention des médias après son appel au 911 lorsque son mari l’a frappée. Le rapport de police a dit que Whitney avait une contusion sur la joue et une coupure à l’intérieur de la lèvre supérieure. Elle a refusé d’appuyer les charges, il n’a pas été reconnu coupable et a nié publiquement l’avoir frappée.
Le couple est réapparu en 2005 dans le show de télé-réalité Being Bobby Brown.
Whitney est restée silencieuse par rapport à tout ça – jusqu’à aujourd’hui. De retour avec son premier album en 7 ans, I look to you, elle s’assoit aux côtés d’Oprah et s’ouvre comme jamais sur son passé, son présent et son avenir brillant.
Oprah: “La première fois que je t’ai reçue dans l’émission, c’était il y a longtemps et je me suis dit “Tu es LA VOIX”. A un moment, j’ai lu que tu as pensé pendant ces 7 dernières années, parce que tu n’as pas fait d’album depuis 2002, j’ai lu que tu voulais ouvrir un stand de fruits sur une île.”
Whitney: “Ouais. Faire pousser des fruits organiques avec ma fille sur une petite île, avec la plage etc.. une vie simple quoi. Il faut que tu comprennes que j’ai fait le tour du monde, et à un moment j’ai senti que j’avais tout fait / tout vu. Enfin, c’est ce que je pensais. Mais j’avais oublié le don que Dieu m’avait fait. J’avais totalement mis ça de côté. Et ma fille grandissait devant mes yeux et je voulais vraiment voir ça.
Et puis à ce moment de ma vie, je traversais tellement de soucis. Je pensais que c’était tout pour moi. J’avais l’argent, les voitures, la maison, le mari, ma fille. Et tout ça ne m’épanouissait pas vraiment. Et puis enfin là, j’étais heureuse, heureuse mais j’avais besoin de joie. J’avais besoin de retrouver ma joie. J’avais besoin de retrouver cette paix, ça s’explique pas.”
Oprah: Il y a une super citation du L.A. Times. Ils ont dit “La douleur, et franchement, le dégoût que tant de fans ont ressenti pendant le déclin de Whitney n’était pas vraiment dû à sa détresse personelle, mais plutôt à l’absence de soin du trésor national qu’elle portait en elle.” Tu étais comme personne. On t’a donné la voix. On t’a donné ce trésor. Et les gens se demandaient comment tu ne pouvais pas savoir qu’il fallait en prendre soin.
Whitney: Je savais à l’époque ou j’étais ado et que je chantais pour dieu. J’en étais sûre. Puis je suis devenue “Whitney Houston” et tout ce qui s’est passé, ma vie appartenait au monde. Ma vie privée, mes affaires, avec qui j’étais, avec qui j’étais mariée. Et je me suis dit, c’est pas juste. Je veux aller au parc, je veux marcher dans la rue avec mon mari, main dans la main, sans que quelqu’un nous regarde, que les médias s’occupent de nos affaires. Je voulais être normale.
Oprah: C’est intéressant que tu dises ça parce que pendant des années, je me suis dis que la Whitney Houston qu’on voyait était une création des médias. Bien sûr, ta voix et ton talent sont ce qu’ils sont. Mais les robes, les cheveux, ce premier clip et tout le reste n’étaient qu’une création.
Whitney: Oui. J’adore m’habiller, et j’adore le maquillage, les coiffures tout ça. Mais, je faisais mon show.
Oprah: Et on a fini par attendre ça de toi tout le temps ?
Whitney: C’était trop… trop à supporter. Je devais constamment essayer d’être ce qu’on attendait de moi. Et je voulais arrêter tout ça à un moment.
Oprah: Est-ce que te marier avec Bobby était une façon d’arrêter tout ça ?
Whitney: D’une certaine façon. Parce que je pouvais être moi-même avec lui. Il était drôle, passionné. C’était dingue. On était fous amoureux.
Oprah: Mais il y avait tellement de gens qui se demandaient… à cause de cette image, les robes tout ça. C’était une stratégie de ta part ?
Whitney: La princesse se marie au mauvais garçon. C’était pas une stratégie de ma part. J’étais au Soul Train awards. Il est monté sur scène pour chanter My Prerogative. Il était top. Il savait danser…
Oprah: Qui était le premier interessé ?
Whitney: Lui.
Oprah: Ah oui ? Qu’est ce qu’il t’a dit ?
Whitney: Bobby était du genre à dire “Hey, je voulais te demander un truc. Si je te demandais si tu veux sortir avec moi, tu dirais oui ?” Et j’ai dit “Oui, je dirais oui.” Et à partir de ce moment, ça a cliqué. On est devenus amis. Trois ans avant qu’on se marie. On allait partout dans le monde, on faisait ce qu’on voulait.
Oprah: Et que penses-tu du fait que tout le monde se demandait, “qu’est ce que cette princesse fait avec ce type ?”
Whitney: Ils n’ont aucune idée à quel point il était doux et gentil. Personne le savait. Il était calme. Quand il montait sur scène, il faisait son truc. Mais à la maison, c’était le papa. Il contrôlait le truc. J’aimais ça parce que je contrôlais tout dans ma vie. Et il est arrivé dans ma vie, les gens se sont dit “Waw, elle a quelqu’un maintenant”. Quand il disait un truc, j’écoutais. J’était très interessée par le fait que quelqu’un puisse avoir du contrôle sur moi. C’était rafraîchissant.
Oprah: C’était rafraîchissant parce que pour le reste de ta vie…
Whitney: Je contrôlais tout.
Oprah: Je me rappelle d’un truc que tu as dit pendant l’interview de Diane Sawyer en 2002, le monde a été choqué d’entendre de toi que s’il y avait une addiction c’était celle de faire l’amour.
Whitney: Oui. On l’a beaucoup fait. Beaucoup !
Oprah: Quand est-ce que ça a commencé à mal se passer ? Est-ce que c’était parce que c’était trop passionné ?
Whitney: Oui, ca peut clasher. Après The Bodyguard. 1993, 1994, 1995 c’était les années Bodyguard. Cet album a duré longtemps. J’étais dans un tourbillon à ce moment-là. J’allais partout. Ce disque était énorme. J’ai eu mon bébé.
J’avais mon bébé dans un bras, mon mari de l’autre et je l’aimais beaucoup, j’étais folle de lui. Et il a tout mis de côté et m’a dit “Je viendrais avec toi. T’inquiète. Fais ton truc. Et je pense qu’il se passe forcément quelque chose dans la tête d’un homme quand sa femme est aussi célèbre. Si il ne l’est pas autant.
Oprah: Il était jaloux de toi ?
Whitney: Il va pas aimer ça, mais oui.
Oprah: Alors, tu as essayé de compenser ?
Whitney: J’essayais de me faire petite tout le temps. Je disais “je suis madame Brown, ne m’appelez pas madame Houston”.
Oprah: Et tu as commencé à tamiser ta lumière en quelque sorte ?
Whitney: Oui c’est clair.
Oprah: Tu fais attention à toujours lui faire plaisir maintenant ?
Whitney: Non, pas du tout. Il y a des choses que je pourrais dire mais que je ne dirais pas. Crois moi, il y a vraiment des choses qu’il n’aimerait pas que je dise.
Il n’a jamais aimé l’idée que les gens puissent dire qu’il était jaloux de moi. Qu’il était jaloux de ma célébrité, ma forture et de ce que j’avais. Ça le mettait en colère. Mais c’est compréhensible pour un homme de sentir ça.
Oprah: C’est pour ça que tu as accepté de faire Being Bobby Brown ?
Whitney: Oui. Je voulais que les gens sachent que j’étais sa femme.
Oprah: Est-ce que tu t’es rendue compte dans quoi tu te lançais quand tu as signé ?
Whitney: Non. Je savais ce que je faisais quand j’ai signé le contrat de mariage. Mais là non. Je l’aimais à la folie. Je m’en fichais.
Oprah: “Est-ce qu’il t’a dit “Je vais faire ce show et ils vont mettre des caméras dans la maison” ?
Whitney: Oh non, je ne savais pas. Pour moi, c’était “Ok, je suis ta femme, qu’est-ce que tu veux que je fasse ?”
Oprah: Tu as regardé l’émission ?
Whitney: Bien sûr
Oprah: Et tu en as pensé quoi ?
Whitney: Je ne savais pas quoi penser. Je savais que j’essayais d’être Mme Brown. J’essayais de ne pas faire d’ombre, et c’était difficile.
Oprah: Tu as fait ça pour lui ?
Whitney: Oui, pour lui. Comment veux tu faire un reality show, je suis ta femme et je suis pas dedans ?
Oprah: Il y avait tellement de critiques qui disaient que c’était un carnage. Est-ce que tu penses que ça a mis en avant le disfonctionnnement entre vous ?
Whitney: Oui c’est certain.
Oprah: Beaucoup de gens, je pense, après t’avoir vue dans cette émission, ont commencé à s’inquiéter pour toi. Qu’est-ce qui se passait pour toi à ce moment-là ?
Whitney: Quelques trucs.
Oprah: Tu étais heureuse ?
Whitney: Non, je n’étais pas heureuse dans ce mariage. Je me perdais à force d’essayer de faire plaisir.
Oprah: Est-ce que tu essayais aussi parce que le monde disait que ca ne durerait pas plus de 6 minutes, est-ce que tu essayais de prouver au monde qu’il avait tort ?
Whitney: Je voulais leur prouver qu’ils avaient tort. Et après un moment, tu oublies que tout ça à l’origine c’est de l’amour. Et tu veux juste prouver quelque chose.
Je voulais dire “Vous n’allez pas gagner”. On s’était mariés, on était amoureux, fous l’un de l’autre. On voulait être une famille. Je ne voulais pas que les gens aient raison. Et lui non plus. Il était déterminé. On s’est battus pour ça. Et puis à un moment, c’est devenu bizarre et on s’est perdus. Et on a commencé à faire des choses dans le mariage qui ne peuvent pas aboutir sur du bon…
Oprah: Quand la drogue a-t-elle commencé ?
Whitney: Avant The Bodyguard c’était très léger. Après The Bodyguard, j’ai eu Krissy, ça a commencé à devenir lourd
Oprah: Quelle était ta drogue de prédilection ?
Whitney: Cocaïne. Et marijuana. Il aimait boire. Je n’étais pas amatrice d’alcool. L’alcoolisme, c’est moche. Soit vous avez un penchant soit vous êtes vraiment alcoolique. C’en était vraiment un.
Oprah: Sa personnalité changeait-elle quand il buvait ?
Whitney: Oh, dramatiquement.
Oprah: Etait-il violent ?
Whitney: Il avait peur qu’il me fasse quelque chose car ma famille l’avait prévenu : “Ok. Souviens-toi. On t’as averti une fois.” Donc, il se retenait et moi je devenais cette petite fille et je ne disais rien.
Emotionnellement, il était violent. Physiquement, en aucun cas. J’ai été élevée avec deux frères et je me défendrais avec tout ce qui pourrait me tomber sous la main.
Oprah: Donc il ne t’a jamais touchée.
Whitney: Non.
Oprah: Il n’a jamais levé la main sur toi.
Whitney: Il m’a giflée une fois, mais il a été frappé sur la tête trois fois.
Oprah: Par toi ?
Whitney: Oui. Parce que j’ai pensé qu’il allait trop loin.
Oprah: Quelle est la pire chose qu’il t’ai jamais dite et que tu pourrais nous faire partager ?
Whitney: Je me rappelle de ce moment. C’était son anniversaire, j’ai organisé une fête dans un club à Atlanta. Il a beaucoup bu cette nuit-là. Il a beaucoup bu. Et pour une raison que j’ignore, tout ce qu’avais fait pour essayer de le rendre heureux se retournait contre moi. C’était bizarre. Aujourd’hui je comprend mieux car les gens alcooliques tentent d’abuser des personnes qu’ils aiment.
Et donc quand on est rentrés à la maison, il va me détester d’avoir dit ça, il m’a craché dessus. Et ma fille descendait les escaliers à ce moment là et elle l’a vu. C’était intense. Parce que je n’ai pas été élevée comme ça et je ne comprenais pas. Il avait tant de haine pour moi dans ses yeux. Il m’insultait tout le temps devant ses parents à la maison et il m’a craché dessus.
Oprah: Qu’as-tu ressenti ?
Whitney: J’étais horrifiée. Il m’a craché dessus, au visage.
Oprah: Ça a été le moment pour toi où tu t’es décidée, ou t’es-tu réveillée le lendemain matin en essayant d’oublier ?
Whitney: J’étais vraiment blessée. Très en colère. Et je savais qu’il allait se passer quelque chose. J’ai appelé un ami. J’ai dit “Viens me chercher, c’est le moment.” Et j’ai demandé à mon ami de venir me chercher, et Bobby m’a poussée contre le mur… J’étais au téléphone et je l’ai frappé à la tête avec. Il est tombé par terre. C’était dramatique. Ma fille a descendu les escaliers et s’est demandé ce qui arrivait à son père.
Oprah: Il saignait ?
Whitney: Oui. ["maman, qu'as-tu fait ?" a demandé sa fille]. J’ai répondu “Je lui ai dit de ne pas faire ça. J’ai répété, “Je lui ai dit de ne pas faire ça. Je lui ai dit de ne pas faire ça.” C’était juste odieux. Laid.
Oprah: Nous étions en train de parler sur comment tu te droguais avant et ensuite après The Bodyguard.
Whitney: Oh, c’était beaucoup. Parce que je savais que nous essayions de cacher la souffrance.
Oprah: Parce que The Bodyguard est pour le monde entier un des plus grands moment de l’histoire de la musique et t’as catapultée au rand de superstar.
Whitney: C’est ça. Et souviens-toi, j’ai fait Waiting to exhale après, et cet album était énorme.
Oprah: Et The Preacher’s Wife après ça.
Whitney: Et The Preacher’s Wife. Pendant The Preacher’s Wife [prendre de la drogue] c’était tous les jours. Je faisais mon travail, mais après le boulot, pendant une année entière ou deux, c’était tous les jours… Je n’étais pas heureuse à cette période. Je me perdais. Ma mère m’appelait, elle m’a eue deux fois et me disait “Ok je ne sais pas ce qu’il se passe mais il se passe un truc.”
Oprah: Etais-tu dans le déni ?
Whitney: Pas vraiment. Je ne voulais juste pas parler.
Oprah: Quand as-tu su que ce mariage ne marcherait pas ?
Whitney: Je le savais. Je me disais, tu ne sens pas bon, tu n’es pas belle. Quelque chose se passe. Et puis tous ces autres trucs se passaient avec une telle ou une autre, il ramenait ça à la maison…
Oprah: Ça t’a blessée ? Etais-tu offensée ?
Whitney: Ça m’a perturbée. J’étais perturbée.
Oprah: Tu y croyais ?
Whitney: Oui. Parce que j’ai vérifié. Je n’ai pas cherché à savoir, j’ai vérifié.
Oprah: Le fait qu’il soit avec une autre femme et ramène ça dans ta maison.
Whitney: Oui, avec ma carte de crédit ? Absolument. J’ai eu un problème avec ça.
Oprah: Donc tu savais que c’était fini, mais tu te battais contre ce fait.
Whitney: Oui, mais j’ai commencé à vider la maison. C’était petit à petit. Je lui ai même demandé de partir. Et il a dit “Non, tu pars.” J’ai dit “C’est ma maison”… Et c’est à ce moment-là qu’il m’a giflée. Mais il était en probation pour infractions routières. Et il avait oublié ça.
Oprah: Oublié qu’il n’a pas le droit de gifler quelqu’un.
Whitney: Oui, tu ne peux pas gifler quelqu’un quand tu es en probation. C’est une violation. Donc c’est comparu en violence domestique, et je ne pouvais pas l’envoyer en prison.
Oprah: Es-tu toujours apparue au tribunal parce que tu pensais que tu devais rester aux côtés de ton mari ?
Whitney: Je le devais. Oui, je suis sa femme.
Oprah: Tu vois je comprends maintenant. Je vois que tu prenais tes voeux de mariage très au sérieux.
Whitney: Oprah, vraiment très au sérieux.
Oprah: Dis-moi à quel point c’est devenu pas bon cette histoire de drogue ?”
Whitney: Quand tu ne parle pas et que tu vis dans la même maison, que tu t’assois à côté d’une personne et que tu ne dit par un mot de la semaine. Tu es juste assis. Et tu regarde juste la télé. C’est mauvais.
Oprah: Vous regardiez la TV et vous sniffiez de la coke ? Ou vous fumiez aussi ?
Whitney: On mélangeait la marijuana avec des morceaux de coke. On faisait pas de crack. On payait ça cher. On achetait des kilos.
Oprah: Tu prenais de la coke en freebase ?
Whitney: Oui mais pas avec une pipe. On est pas allés si loin.
Oprah: Est-ce que les drogues te soulageaient ?”
Whitney: “Parfois. N’oublie pas qu’à certains moments on se marrait bien. Parfois, ça fait vraiment du bien. Mais quand on arrive au point ou tu es assis chez toi et tu essaies juste de cacher ce que tu ne veux pas que les gens sachent… Ça fait mal. Et donc, tu en prends plus pour que personne ne te voit pleurer ou pour que quelqu’un ne voit pas qu’on était pas heureux.
Oprah: Pensais-tu que ta carrière en tant que Whitney Houston, comme nous la connaissons, était finie ?
Whitney: Je ne pensais même pas à ça. J’avais beaucoup d’argent et l’accès à ce que je voulais, et tout le monde me demandait “Que voulez-vous ? De quoi avez-vous besoin ?” Je ne pensais plus à la partie carrière.
Oprah: Ça ne t’as pas manqué ?
Whitney: Non.
Oprah: Tu as dit que tu as réalisé que ton mariage échouait. As-tu alors pris une décision du style “Je vais me sortir de là ?”
Whitney: Oui. Je me souviens avoir dit à Dieu un jour “Donne-moi la force.” Parce que j’étais faible. J’étais si faible [par rapport à Bobby]. J’étais si faible à l’amour. Je me disais “C’est ça l’amour ? Dans quoi suis-je ?”
Oprah: Etais-tu faible par rapport à lui où aux drogues ? Parce que la perception du monde c’est que tu es faible par rapport aux drogues.
Whitney: Il était ma drogue. Je ne faisais rien sans lui. Je ne prendais pas de drogue toute seule. C’était lui et moi ensemble. On était partenaires. C’était lui ma drogue. Lui. Lui et moi, être ensemble. Et quoi que nous faisions nous le faisions ensemble. Peu importe quoi, nous le faisions ensemble.
Oprah: Parce que tu étais sa femme.
Whitney: Oui. Et il était mon mari. Et je vais faire en sorte que ça arrive et nous ferons en sorte que ça marche. C’était comme ça.
Oprah: Y a-t-il eu des jours où tu te droguais en ne sachant pas ce qui se passait ? Parce que rappelle-toi à un moment, je ne sais pas en quelle année c’était, ta belle-sœur a vendu des photos de ta salle de bain aux tabloids.
Whitney: Je n’étais pas là.
Oprah: Et elle a dit qu’il y avait des jours où tu t’enfermais dans une pièce et que tu pouvais y rester pendant des jours sans parler à personne. Est-ce vrai ?
Whitney: Tout à fait.
Oprah: Tu t’asseyais simplement dans ta chambre et te droguais ?
Whitney: Oui. Je parlais au téléphone. Je regardais la télé. J’écoutais du gospel. Je lisais toujours ma Bible. je savais que Dieu était là. Je savais que la lumière était là et j’essayais de retourner dedans. J’essayais de revenir dans cette spiritualité.
Oprah: Pensais-tu que quelque chose arriverait pendant ces moments-là où tu étais enfermée des heures et des jours ?
Whitney: Il y avait des fois où il brisait des choses dans la maison. Nous avions un grand, très grand portrait de nous avec notre enfant. Il a coupé ma tête pour l’enlever de la photo. Des trucs comme ça. Et je pensais que c’était vraiment bizarre, couper ma tête d’une photo c’était un peu trop pour moi. C’était un signe.
Et il y avait d’autres choses, il commençait à peindre des yeux dans ma chambre. Juste des yeux. Des yeux diaboliques qui regardaient partout dans la chambre.
Oprah: Il commençait à peindre sur les murs ?
Whitney: Oui. Les tapis. Les murs. Les portes de placards. Si j’ouvrais une porte, il y avait une photo. Alors je la fermais et il y avait une autre image avec des yeux et des visages. C’était vraiment étrange…
Oprah: Et qu’est-ce que tu fais de ça ?
Whitney: Je regarde et je me dis, mon dieu, qu’est-ce qui se passe ? J’avais peur parce que je pensais qu’il allait se passer quelque chose.
Oprah: Combien de temps as-tu été en cure de désintoxication ?
Whitney: J’ai fait mon séjour. Tu fais 30 jours. Je suis allée dans un établissement qui me permettait d’avoir mon enfant avec moi. Partout je devais l’avoir avec moi. Je voulais qu’elle comprenne. Je ne lui ai pas menti. Je ne pouvais pas.
Oprah: Vraiment. Lui as-tu expliqué pour les drogues ?
Whitney: Oui.
Oprah: Que lui as tu dis ? Comment lui parles-tu ?
Whitney: J’associais ça à un style de vie. Notre style de vie. Et ce qui pouvais arriver. J’ai terminé le programme et ça a continué. Je n’ai pas arrêté les drogues. Un jour, ma mère est venue chez moi. C’est assez drôle maintenant de voir l’amour et la passion que ma mère a pour moi. Elle est arrivée avec le sherif. Et elle a dit, “j’ai un mandat de la cour de justice dans la main. Si tu veux le faire, on le fait à ma façon. Ou alors, on va passer à la TV et c’est fini pour ta carrière.” Elle a dit, “tu vas arrêter tout ça parce que ça n’en vaut pas la peine.”
Oprah: Ta mère est venue chez toi avec le sherif ?
Whitney: Elle a dit, “tout ça n’en vaut pas la peine. Si tu bouges Bobby, ils vont t’arrêter. Ne bouge pas !” Et il était comme ça… il avait peur. Et elle a dit, “On y va. Je ne vais pas perdre ma fille. Y a pas moyen. Je veux ma fille, je veux que tu reviennes, je veux revoir cette lumière dans tes yeux. Donc tu choisis, et tu le fais aujourd’hui car j’ai un mandat qui dit que tu dois y aller.”
Oprah: Est-ce que ta mère disais que tu devais aller en cure, ou disait-elle que tu devais arrêter ce mariage ?
Whitney: Tu dois aller en cure et prendre une décision avec un esprit clair.
2ème JOUR
Whitney: Je savais que je devais arriver au point ou j’allais devoir faire un choix. Je me rappelle que je priais. “Si tu me donne un jour de force, je partirai et je ne regarderai pas derrière moi. Et ce jour est venu. Et je suis partie. Je me rappelle que j’ai dit, “Je vais chercher du sucre et du lait et je reviens”.
Oprah: Tu savais que c’était le jour ?
Whitney: Je le savais. Je ne suis jamais revenue. Je suis partie à L.A. Les meubles partaient petit à petit, j’ai mis la maison à vendre, les voitures. Tout. Je me suis débarrassée de tout.
Oprah: Avant ou après ?
Whitney: Après. Après que je sois partie. J’étais chez une amie. Il ne viendrait pas m’ennuyer si j’étais chez une certaine personne, une amie, il ne viendrait pas. Parce qu’elle était du genre à lui dire “Si tu viens ici, je serai là, et je te tirerais dessus. Ne viens pas l’embêter. Laisse-la tranquille. Elle doit faire des choix pour sa vie.
Oprah: C’était quelle année ?
Whitney: Vers 2006. J’ai pris l’avion. J’avais deux pantalons, des baskets, deux sous-vêtements, j’ai mis tout ça dans mon petit sac et une amie a pris l’avion avec moi.
Oprah: Est-ce que ce qui a fait partie de ta décision était ce que le public voulait ?
Whitney: A ce moment là, je m’en fichais.
Oprah: Tu n’essayais plus de prouver au monde entier que ça pouvait marcher ?
Whitney: Non. Parce que je n’allais pas rester dans un mariage qui n’était pas sain. Je n’allais pas vivre avec un homme qui n’allait pas vivre comme je voulais moi vivre, ou pensait la même chose que moi du mariage. Etre loyal, être dévoué, être vrai, être fidèle. Tout ça. Je ne voulais pas être avec quelqu’un qui n’était pas comme ça.
Il était à l’opposé de ça. Et je voulais que ça s’arrête, je veux dire la drogue, tout. Je voulais que tout s’arrête. Et il voulait juste que ça continue. A ce moment-là, le diable, l’ennemi voulait rentrer et s’emparer de moi, et moi je voulais sortir de tout ça. Et je priais fort. Et ma mère, cette guerrière, est intervenue et a dit “laisse faire, laisse tout sortir“.
Oprah: Qu’est-ce qu’elle te disait ? Elle savait à quel point votre relation était tumultueuse ? Ou tu lui cachais tout ça aussi ?
Whitney: Tu ne peux pas jouer avec elle. Cissy, elle débarque et elle dit “je me fiche de ce que tu dis. Je connais mon enfant. Je te regarde dans les yeux et je sais que tu n’es pas heureuse. Et si tu ne fais pas quelque chose, il va se passer quelque chose. Je ne céderais pas.”
Oprah: Ou était Bobbi Kristina dans tout ça ?
Whitney: Elle n’était plus à la maison, bien avant que je parte. Je l’avais mise chez mon frère, Gary, et ma belle soeur Pat, qui habitaient à 5 min de chez moi, parce que c’était devenu trop. Ils se sont occupés d’elle pendant 2 années scolaires. Et pendant ce temps, j’essayais de m’en sortir et je me disais “qu’est-ce que je vais faire ? Ou est-ce que je vais ? Comment je vais faire ? Comment je vais me sortir de tout ça ? Une fois que je me suis bougée, je l’ai fait venir avec moi en Californie et on a habité là-bas pendant un an et demi.
Oprah: Donc tu étais séparée de Bobby Brown pendant un moment avant qu’on le sache.
Whitney: Ouais. J’étais partie mais personne ne le savait vraiment.
Oprah: Tu penses que bien que tu l’ait placée à un moment, qu’elle en a vu trop, trop entendu ?
Whitney: C’était assez. Elle en a vu assez. Le crachas dans la figure, c’était trop. Elle m’a dit “Maman, il t’a craché dessus ?” Et je lui ai dit “Oui mais c’est pas grave.” Et elle m’a dit “Non, c’est grave. Maman, c’est pas bien.“ Je lui ai dit “Peux-tu me faire une faveur ? Fais le pour maman. Je vais mettre toute ma confiance en Dieu et tu vas mettre la tienne en moi. Tu ne comprends peut-être pas tout maintenant mais fais-moi confiance. Je ne te laisse pas tomber. Je m’accrocherai à toi toute ma vie. Fais-moi confiance. Et on va s’en sortir. Et on sera plus heureuses après. Quand tu grandiras, je t’expliquerais petit à petit ce qui s’est passé et pourquoi Maman a dû partir.“
Mais quand on est arrivées en Californie, elle est devenue furieuse. Elle ne comprenait pas. Elle me rejetait. Mais je continuais à venir vers elle avec de l’amour. Je la prenais dans mes bras. Je continuais à frapper à sa porte et à me mettre à jour pour prier. Et je lui disais que je l’aimais.
Et puis je l’attendais. J’attendais qu’il revienne pour me dire tout ce qu’il faisait. Et il faisait plein de trucs pas beaux en dehors du mariage. Et je pensais “il ramène ça chez moi, avec ma fille. Je ne peux pas supporter ça. Je ne peux pas la laisser croire que c’est de l’amour, ou que c’est comme ça que ça se passe.
Oprah: Tu espérais toujours, après avoir déménagé en Californie, que vous alliez vous remettre ensemble ?
Whitney: Oui, j’attendais.
Oprah: Qu’est-ce qui t’a fait décider de quitter ce mariage ? Tu étais en Californie, tu as attendu.
Whitney: J’ai attendu. Je suis allée en Californie, j’avais une petite maison à Laguna. Des amis m’avaient emmenée prendre l’avion. M’avaient prêté leur jet privé. J’ai pris un conseiller.
Et après quelques mois, il disait qu’il allait venir et n’est jamais venu. Mon seul souci était ma fille et la perception qu’elle avait de son père. Et moi, j’essayais de lui dire la vérité, elle était très jeune, elle a 13 ans. Donc je lui donnais quelques bouts d’information. Mais avec l’ordinateur et internet, on sait tout et elle me disait “Maman, c’est ça Papa ?“ Et je disais, “ouais ok…” Et elle a vu qu’il était….
Oprah: Avec d’autres femmes.
Whitney: Merci. Des trucs de fou, tu vois. Et elle m’a dit “Oh non. Demande le divorce.”
Oprah: Ta fille a dit ça ?
Whitney: “Laisse le tomber. Maman, je vois qui tu es. Tu restes avec moi. Tu m’aimes, tu m’emmènes à l’école, tu fais des trucs avec moi. Tu ne me déçois pas. Tu ne me mens pas. Il dit qu’il va venir, il vient jamais. Il dit qu’il va m’apporter des choses qu’il apporte jamais. Tu ne mérites pas ça et moi non plus”. Elle était plus intelligente que je le pensais.
Oprah: Si ta fille n’avait pas dit ça, est-ce que tu serais restée ? Tu serais toujours en train de te battre ? Ou est-ce que c’était le moment pour toi dans tous les cas ?
Whitney: Mon esprit ne m’aurait pas laissée tomber. L’esprit de dieu est plus fort que tout. Et à un moment, ça t’aide à prendre une décision. J’avais ma belle soeur qui priait pour moi, mes frères. Tu vois, ma famille était là et me soutenait.
Et il y avait Clive qui me disait “Je ne crois pas que ce soit fini. Pas moyen. Dieu ne t’a pas donné ces dons pour que ça s’arrête là. En plus, j’ai encore un peu d’énergie.” Et je me suis dit “Waw.”. Il m’a dit “Je te donne une année pour décider. Mais le monde t’attend et veut t’entendre à nouveau.
J’allais faire mes courses et les gens disaient “Quand allez-vous sortir un autre disque ? J’ai envie d’entendre une chanson de vous. Je veux vous entendre à nouveau chanter.” Les gens étaient chaleureux. Des mamans disaient “C’est elle que j’écoutais quand j’étais petite.”
Oprah: Comment va Bobbi Kristina maintenant ?
Whitney: Elle va bien. Je n’ai pas de mots pour la décrire. Elle est de plus en plus comme moi.
Oprah: Elle te ressemble de plus en plus.
Whitney: Oui. Quand elle était petite, elle ressemblait tellement à son père. Son corps, son visage, sa peau.
Oprah: Tu te vois en elle ?
Whitney: Oh oui. Elle écrit. Et elle chante. Elle commence à vraiment bien chanter maintenant.
Oprah: Elle est douée ?
Whitney: Oui. Je veux qu’elle prenne son temps. Je ne veux pas qu’on l’approche pour l’instant. Je veux la préparer.
Oprah: Donc si elle veut faire comme toi plus tard, tu es d’accord ?
Whitney: Oui mais je serais là. Comme ma mère l’a fait pour moi. Quand j’ai commencé et qu’ils ont voulu me signer à 14 ans et que m’a mère a dit “Non, Whitney a encore des choses à apprendre.”
Oprah: Tu aimes être une maman ?
Whitney: J’adore ça. J’adore être une maman et la regarder devenir une femme. Parfois, elle traverse des moments que toutes les filles traversent, avec les garçons, il se passe des trucs et ça lui fait mal. Elle me fait confiance et je lui dis la vérité : “Ecoute, ça arrive, mais on va s’en sortir. On va y arriver”. Ce genre de choses. J’adore.
Elle est fière de moi. Et je suis fière d’elle. Elle est venue me voir au lit ce matin et m’a dit “Maman, je voulais te dire à quel point je t’aime et à quel point je suis fière de toi. Ton album démarre très bien partout dans le monde. On y est arrivées Maman, on l’a fait !”
Oprah: Qui aimes-tu ?
Whitney: Le seigneur. Oui. Je suis humble et tellement reconnaissante. De sa grâce, de sa bonté. Et de ne m’avoir jamais abandonné. J’aime ma mère. Ma fille. Ma famille, mes soeurs, mes frères. Je t’aime toi. Parce que je savais que derrière tout ça, tu priais aussi.
Oprah: Oui, c’est ce que je faisais.
Whitney: Aussi sombre qu’ils puissent dépeindre cette histoire, c’est juste les expériences de la vie. J’avais jamais traversé des choses si difficiles. J’ai eu une belle enfance. J’avais une bonne maman, un super papa. Mon père est décédé et je l’aimais tant. Et ça a vraiment pas arrangé les choses, c’est à ce moment-là que les choses ont commencé à prendre une sale tournure. Mon mari a commencé à se la jouer. Mon père était parti, il s’est dit, “il est plus là maintenant”.
Oprah: Tu n’as plus ton père.
Whitney: Ouais mais j’avais ma mère.
Oprah: Mais ton père qui te traîne en justice, ça a dû être difficile.
Whitney: En fait mon père était influencé par des gens qui lui mentaient. Mon père était très malade à l’époque. Il était à l’hôpital et c’était moi qui payait les frais. J’ai pris soin de mon père.
Oprah: Donc tu lui a pardonné ?
Whitney: Bien sûr.
Oprah: A la fin tu lui a pardonné.
Whitney: Bien sûr. J’adore mon père. Il était malade. Mon père avait 80 ans à l’époque et il allait toujours à l’hôpital pour ses problèmes de coeur et de diabète. Et les gens essayaient de lui soutirer de l’argent. Ils lui faisaient du chantage.
Oprah: C’était difficile à ce moment-là ?
Whitney: Très. On ne s’est pas parlé pendant 2 ans. Mais quand il est tombé très malade, je suis allée à l’hôpital et j’ai dit : “On arrête ça maintenant. Tu es mon père. Je t’aime. Je serai là quand tu partira. Je serais là et je prendrai soin de toi.” Et à la fin, quand il était sur le point de partir, tout était entre mes mains.
Oprah: J’ai entendu que tu avais choisi de passer du temps en privé avec lui et ne pas aller aux funérailles.
Whitney: J’ai eu une cérémonie rien que pour moi. Ma famille, Dionne, ma cousine DeeDee, ma mère, ma famille. Il y avait tant de presse et de médias. Les médias me suivaient partout, je ne pouvais pas veiller en privé. Donc j’ai fait ma propre cérémonie. Et mon père était quelqu’un de très influent à Newark, donc il avait plein d’amis. Il y a eu une cérémonie où tous ces gens on pu aller. Mais moi j’avais eu la mienne.
Oprah: Comment as-tu vécu la disparition de Michael ?
Whitney: J’étais dévastée. J’ai tellement de bons souvenirs avec lui. Je connais sa famille depuis des années. Depuis au moins 20 ans. Je me suis dit, “c’est pas possible, ça ne peut pas être vrai”. Je savais qu’il prenait des médicaments. Je ne savais pas à quel point il en prenait. Je me rappelle de son concert hommage de 2001. Je me rappelle le regarder et me regarder moi.
Oprah: C’était quand tu étais si maigre ?
Whitney: Oui. J’ai pris peur.
Oprah: En le voyant ?
Whitney: Oui et puis en me regardant moi. “Non, ça ne va pas se passer comme ça. Pas nous deux.”
Oprah: Tu prenais de la drogue à l’époque. C’est pour ça que tu étais si maigre ?
Whitney: Oui mais il y avait aussi des choses qui se passaient émotionnellement. J’étais inquiète.
Oprah: Pour lui ?
Whitney: Oui. Pour moi aussi. Il y avait le mariage. Beaucoup de choses se passaient. Mike et moi étions très proches.
Oprah: Quand l’as-tu vu pour la dernière fois ?
Whitney: Je pense que c’est quand je lui parlais beaucoup pendant son procès. A cette période, il voyait peu de gens. Il ne voulait pas qu’on le voit.
Oprah: Il t’avait coupé de sa vie ?
Whitney: On se parlait au téléphone mais il ne voulait pas que je le vois. Personne n’a vraiment connu ce jeune homme. Et que ça se finisse comme ça, ça me rend triste.
Oprah: Est-ce qu’il y a eu un moment où tu t’es dit “Ok, ça sera comme ça pour toujours. Je vais rester dans ma chambre à fumer ma marijuana avec de la cocaïne et regarder la TV.
Whitney: Tu sais quoi ? Oprah, je n’en suis jamais arrivée à ce point. Il y avait une bataille à l’intérieur de moi.
Oprah: Qu’est-ce que tu as appris ? De cette période de drogues, avec ces yeux méchants sur les murs ?
Whitney: C’était difficile parce qu’il ne voulait pas que je parte.
Oprah: Et tu ne pensais pas que tu avais assez de force pour partir toute seule. C’est pour ça que tu demandais à Dieu un jour ou tu aurais assez de force.
Whitney: “Juste un jour de courage et je partirai. Juste un jour. Parce que je ne peux plus vivre comme ça. Je ne vais pas le partager avec celle ci ou celle la. Non. Il ne va pas ramener ça chez moi et je n veux pas que ma fille croit que c’est ça l’amour.
Oprah: A ton avis, pourquoi tu ne pouvais pas partir sans ses prières ? Qu’est-ce qui te retenait ?
Whitney: L’habitude. Vivre un certain mode de vie. Penser que c’était pas grave, que ça s’arrangerait.
Oprah: Donc ça veut dire que tu ne prends plus de drogues.
Whitney: Oui madame. Ne crois pas que j’en ai plus le désir. Parfois, ça peux prendre une minute pour me purifier. Lâche-moi, laisse moi tranquille. Je dois prier pour m’éloigner de ce désir. Je prends un verre de temps en temps. Ne te méprends pas, si tu me vois dans un bar prendre un verre, ne pense pas que…
Oprah: Ne dis pas ok elle a replongé.
Whitney: Non, ne me fais pas ça.
Oprah: Parce que l’alcool n’a jamais été un problème pour toi.
Whitney: Non, pas pour moi. Pas de coke, pas de marijuana.
Oprah: Est-ce que tu crois que tu sera encore un jour tentée ?
Whitney: Oprah, c’est un jour après l’autre. Tout de suite, non.
Oprah: Et donc maintenant, on en est à I Look to You. Après toutes ces années. J’écoutais cette chanson ce matin, “I Look to You,” et je méditais. Quand tu as enregistré cette chanson, tu l’as chantée à qui ? Quand tu disais “I look to you.”
Whitney: Laisse-moi d’abord dire que cette chanson a été écrite par Robert Kelly, que tout le monde connaît comme R. Kelly, il y a 10 ans, pour moi. C’est la première chanson qui m’a été présentée pour l’album et je voulais que ce soit le parfum de l’album, je voulais que les gens sachent ça de moi et sur qui je comptais quand je me suis sortie de ces moments difficiles.
Oprah: Donc tu parles de quelqu’un de plus grand que toi ?
Whitney: Plus grand que moi. Bien plus grand que moi. Plus grand que toi et moi.
Oprah: Et c’est pour ça que tu as intitulé l’album I Look to You, parce que c’est l’essence.
Whitney: Oui. C’est l’essence que je voulais que tout le monde ressente au sujet de cette chanson et de cet album.
Oprah: Moi ma chanson préférée sur l’album c’est celle de Diane Warren et David Foster. Est-ce que cette chanson n’est pas l’essence de ton expérience ?
Whitney: Oui. Quand j’y pense maintenant, quand je la chante, c’est au delà de moi. Je pense aux femmes qui se sont battues contre le cancer, contre les violences conjugales. Je pense aux parents célibataires, mères et pères. Aux enfants qui ont grandi dans des familles difficiles. Pas seulement moi. J’ai creusé et j’ai dit “C’est pour tout le monde”.
Oprah: Quand j’ai écouté la chanson Nothin’ But Love, je pensais que c’est pour ce que les gens ressentent pour toi. Tu ressens cette amour ?
Whitney: Oui, mais aussi celui que j’ai pour moi. C’est ça le mieux. Ce bon sentiment que j’ai pour moi.
Oprah: Il se passe tellement de choses en ce moment. Tu penses que c’est un comeback ? Ou une arrivée ?
Whitney: Une arrivée. C’est un moment ou j’arrive. Il y a une chanson écrite par R. Kelly qui dit “N’appelle pas ça un comeback, je suis là depuis des années”.
Oprah: Tu connais ta force ?
Whitney: Je sais d’où vient l’aide. Je sais ça maintenant. Et je sais que ça, c’est fort en moi. Si je me sens faible, je sais vers qui me tourner. J’aime l’esprit de dieu, et je l’échangerai pour rien au monde. Pour rien. Parce que je ressens une joie que je ne peux même pas exprimer. Cette paix qui dépasse l’entendement.
Oprah: Parce que je sais que tu ne peux pas traverser ça sans Dieu.
Whitney: J’étais seule pendant des années à L.A. Et j’étais assise, je lisais la bible et je m’arrêtais et disait “Qu’est-ce que tu veux que je sache ?”. Le saint esprit me parlait et me guidait. Et je ne sais pas comment j’ai fait çi ou ça ou comment je suis entrée en studio et j’ai chanté. Mais je l’ai fait.
Oprah: Est-ce que Bobby savait que tu faisais cette interview ?
Whitney: Euh non.
Oprah : Est-ce qu’il sait maintenant ?
Whitney : Non mais je suis sûre que je vais avoir un appel.
Oprah : Tu es inquiète d’avoir cet appel ?
Whitney : En aucune façon. Vas y, vas y, vas y !
Oprah : Parce que j’adore…
Whitney : J’ai dit la vérité.
Oprah : Je me rappelle de ce moment hier quand tu as dit “je pourrais te dire…”
Whitney : “Il y a des trucs qu’il vaut mieux de ne pas dire. Tu vois ? Parce que laissez-moi vous expliquer. Je n’ai pas essayé d’être méchante, vicieuse. Je n’ai pas besoin de me faire de l’argent en racontant des histoires sur mon mariage, mon mari ou sur ma famille. J’ai pas besoin de ça. Mon but était de me libérer de tout ça.
Oprah : Est ce que ça t’a libérée ?
Whitney : Oui, et je n’ai pas besoin de refaire ça maintenant. Je ne répondrais plus à ces questions. C’est fait. Tu es la seule personne avec qui je me suis sentie assez à l’aise pour parler de tout ça.
Oprah : La fille de Whitney qui a 16 ans est là, Bobbi Kristina. Dis-nous à quel point tu es fière de ta maman ?
Bobbi Kristina : Sincèrement, je n’ai pas de mots pour expliquer à quel point je suis fière d’elle. Vraiment, j’ai tout traversé avec elle. Je suis restée à ses côtés. Elle est comme ma meilleure amie, comme ma soeur.
Whitney : Ca n’a pas été facile mais elle n’a jamais lâché ma main et moi, je n’ai jamais lâché la sienne non plus. Ce qui est super est qu’on a appris à se connaître encore plus et on a compté sur l’une et l’autre.
[Merci Milou]






















19/09/2009 à 11:47
Merci David et Merci Milou !!!